MUSIQUE :

Nos politiciens sont-ils tous climatosceptiques ? – Andrée Chartier

12 mars 2021 | Par internautes

Projet d'expansion du Port de Montréal à Contrecoeur

À l’heure où le secrétaire général des Nations Unies implore les nations partout à travers le monde d’agir le plus rapidement et efficacement possible pour la protection de la biodiversité et le contrôle du climat, nous ne pouvons qu’être atterrés de constater le déni et le manque de rigueur dont fait preuve le gouvernement fédéral avec sa récente autorisation à construire un nouveau port industriel de conteneurs à Contrecœur.

Cette autorisation survient pourtant au moment même où une consultation visant à activer les mesures de protection du chevalier cuivré est en cours. Celle-ci fait d’ailleurs suite à un arrêté ministériel déposé très récemment (8 ans en retard) auprès de ce même gouvernement ayant voté une loi pour protéger les espèces menacées !

Combien d’espèces feront nous disparaître avant de dire ça suffit? Il est facile et de bon ton de s’indigner de l’inaction internationale des gouvernements face aux espèces en voie de disparition, mais que faisons-nous ici et maintenant pour la sauvegarde de la biodiversité?

Le mandat de l’agence chargée d’évaluer les impacts se limitant au site même d’exploitation, le gouvernement fédéral omet donc volontairement d’évaluer les impacts des 300 porte-conteneurs, 624000 passages de camions lourds et les 800 trains qui s’ajouteront sur le fleuve et nos routes tous les ans. Il évacue également les phases 2 et 3 du projet qui feront en sorte de tripler ces données. Chiffres qui dépassent l’entendement! Pourtant, jamais le fédéral n’a cru bon d’étudier les impacts du projet en dehors du site et pour l’ensemble du projet, et ce, tant pour les émissions de GES produites que sur les impacts qu’aura toute cette circulation sur la population environnante.

Pas de contrôle

L’autorisation émise de construire le port par le Fédéral est accompagnée d’un pseudo-rempart de 330 mesures d’atténuation, et ce, seulement pour la phase 1, pour lesquelles un bon nombre est d’ailleurs à élaborer! Une armée de biologistes sera nécessaire pour la mise en application de ces mesures et personne ne semble savoir qui surveillera l’application de celles-ci!

Au provincial, le gouvernement laisse le cheval de Troie du commerce international s’implanter au Québec et accepte d’augmenter les lourdes pressions sur le fleuve Saint-Laurent. Où est passé leur discours sur la souveraineté alimentaire? A-t-on oublié l’importance de l’achat local pour notre économie et l’environnement? Nous laissons le fédéral draguer 750000 mètres cubes de sédiments fortement contaminés et détruire 675 mètres de milieux riverains. Tout ça, pour nourrir la boulimie de notre mode de vie.

Au niveau municipal, on laisse les décisions aux experts, sans rien demander. Ici, ce qu’on veut, ce sont des emplois (alors qu’on est en pénurie de main-d’œuvre), un Dollarama et de la restauration rapide. Qui voudra habiter dans une ville enclavée par le transport lourd? Voulons-nous réellement sacrifier notre qualité de vie et notre environnement pour si peu?

Et si au lieu de garder la tête dans le sable, on se la sortait pour apprécier, défendre et protéger la beauté du monde!

 

ANDRÉE CHARTIER, VIGIE CITOYENNE – PROJET CONTRECŒUR

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