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Abaissement possible de la limite de 0,08 à 0,05: le CAA-Québec invite à la prudence

9 août 2017 | Par Équipe CJSO

Crédit photo: Avocate-Alcool au volant Laval-Montréal

Dans un article du 8 août de La Presse que l’on titre: Alcool au volant: Ottawa veut baisser la limite de 0,08 à 0,05, on relate des échanges entre la ministre fédérale de la Justice Jody Wilson-Raybould et son homologue Stéphanie Vallée. Dans une lettre envoyée à Stéphanie Vallée, elle écrit qu’une telle modification législative «permettrait de mieux contrer le danger que posent les conducteurs qui ont consommé de l’alcool» en précisant qu’il pourrait y avoir un abaissement du taux légal d’alcool dans le sang de 0,08 à 0,05.

Selon le CAA-Québec, l’idée explorée par le fédéral est louable mais avec la légalisation du cannabis dans moins d’un an, le moment d’introduire une telle mesure est mal choisi.  Le directeur de la Fondation CAA-Québec Marco Harrison explique que cette légalisation engendrera des investissements supplémentaires des provinces, particulièrement en prévention.

«On sait que la légalisation du cannabis nécessitera des investissements importants en prévention, en sensibilisation et en coercition. Et on peut déjà s’inquiéter de l’avancement des efforts déployés, de la suffisance et des sommes prévues. Avec l’abaissement de la limite légale d’alcool à 0,05, nous croyons que la bouchée serait trop grosse pour les gouvernements, et la pilule, trop difficile à avaler pour les automobilistes», prévient le directeur de la Fondation CAA-Québec pour la sécurité routière, Marco Harrison.

CAA-Québec s’est déjà prononcé en faveur de mesures administratives, et ses membres sont majoritairement en accord. D’emblée, 59% des membres sondés, au début de 2017, ont dit qu’ils accepteraient des mesures administratives. Et lorsqu’on les informe que le risque de collision mortelle augmente de 2 à 9 fois avec un taux d’alcool dans le sang se situant entre 0,05 et 0,08, le pourcentage d’adhésion augmente à 77%.

Toujours selon le CAA-Québec, des études de l’Institut national de santé publique du Québec montrent en effet un gain réel à abaisser la limite de 0,08 à 0,05. CAA-Québec croit qu’il faudra en arriver là éventuellement, mais sans sauter d’étapes, et en allouant les sommes requises à la prévention, à la sensibilisation et la répression policière, sans quoi, une telle mesure pourrait s’avérer moins efficace.

L’organisme invite aussi les autorités en place à faire davantage pour améliorer le bilan routier:  CAA-Québec interpelle le gouvernement du Québec pour qu’il utilise l’argent disponible dans le Fonds de la sécurité routière afin d’aider les corps policiers à organiser davantage de barrages routiers contre l’alcool au volant.

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