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21 février 2017 | Par Équipe CJSO

Le conseil de Sorel-Tracy a adopté, hier soir, une résolution voulant que la Ville ne renouvèle pas son adhésion à la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy, «tant que cette dernière n’aura pas démontré qu’elle se comporte de manière à développer des liens de confiance dans ses agissements avec la Ville de Sorel-Tracy et ses partenaires».
La résolution, proposée par le conseiller Yvon Bibeau et appuyé par le conseiller Alain Maher, mandate également le maire Serge Péloquin ainsi que le directeur général par intérim Marc Guévremont d’entreprendre «les démarches nécessaires dans le but de fixer, le plus rapidement possible, une seconde rencontre avec le conseil d’administration et le directeur général de la Chambre de commerce, sur son implication dans le milieu et des conséquences liées à ses communications avec la communauté d’affaires en général».
Au moment de traiter ce point à l’ordre du jour, le conseiller Patrick Péloquin a demandé le vote. Après plusieurs prises de paroles, tous les conseillers, sauf le conseiller Péloquin et la conseillère Sophie Chevalier, ont voté pour la résolution.
Le même résultat avait été observé en tout début de séance, alors que le conseiller Péloquin avait proposé, appuyé de Madame Chevalier, que ledit point soir retiré de l’ordre du jour. Le conseiller Péloquin avait alors plaidé qu’il préférait remettre le point à la séance ordinaire de mars, qui serait diffusée, contrairement à celle d’hier soir.
Le ton a monté d’un cran lors du débat sur l’adhésion de la Ville à la Chambre de commerce. La plupart des conseillers présents se sont inscrits en faux contre la sortie publique du conseiller Péloquin qui, le mardi, 14 février dernier, mentionnait au Sorel-Tracy magazine, qu’il porterait le dossier en séance publique.
De son côté, le conseiller Péloquin a justifié sa sortie médiatique par le fait que le maire Serge Péloquin avait lui-même fait une déclaration publique à l’effet que la Ville de Sorel-Tracy ne renouvelerait pas son adhesion à la Chambre de commerce sans avoir consulté le conseil puisque, dit-il, «la première fois qu’il en a été question, c’est le 13 février». Or la prise de position du maire date du 8 février précédent, dans Les 2 Rives, sous la plume de Louise Grégoire-Racicot.
Le conseiller Péloquin a été la cible de plusieurs conseillers. Monsieur Bibeau a déploré son attitude ainsi que sa sortie publique. Monsieur Guèvrement lui a reproché de faire le débat en public plutôt qu’en rencontre du conseil. De son côté, Madame Ouellet l’a qualifié de «stratège», en précisant ne pas vouloir en dire plus…
Le conseiller Patrick Péloquin a commenté l’adoption de la résolution:
De son coté le conseiller Yvon Bibeau a refusé de le faire mais a fait parvenir à CJSO le texte de son intervention d’hier dans le débat.
Le voici, tel que reçu:
Lundi dernier, nous avons discuté longuement de notre adhésion à la chambre de commerce. Des opinions ont été soulevées, par contre, finalement nous en sommes arrivés à une entente consensuelle qui a été accepté à l’unanimité des membres du conseil et dont la résolution mise à l’ordre du jour reflète fidèlement son contenu.
Cette entente consensuelle consiste : à ce que le maire amorce une approche avec la chambre de commerce pour solliciter une seconde rencontre de discussion afin de clarifier certains éléments qui sont responsables d’une riposte réfléchie et (légitime) concernant un rapport émanant de la Chambre de commerce.
Depuis quelque temps, il est malheureux de constater le port de plusieurs chapeaux à des individus dont leurs attitudes ne représentent aucunement la recherche d’une régionalisation commune. Cela a généré de la colère de la méfiance et de la perte de confiance.
Évidemment, il est nécessaire pour la ville de Sorel-Tracy de nous assuré de la chambre de commerce de leur entière coopération et d’une vision commune, cela avant même le renouvellement de notre adhésion.
Ce n’est pas le minime montant de la contribution monétaire de 160.$ qui est le litige, la raison est plus profonde et sérieuse et mérite qu’elle soit débattu, disséqué, et qu’un bon diagnostic soit recommandé.
Voilà la première étape importante que nous devons effectuer, et nous nous devons de bien exprimer nos attentes et de préciser clairement tous les irritants qui nous ont touchés et qui nous affectent.
Il est essentiel que la direction et l’orientation prise par l’organisme de La Chambre de Commerce puisse s’arrimer avec celle de la ville Sorel-Tracy, voilà pourquoi que des discussions franches sont à privilégier.
Lors des discussions entre nous, je me questionnais à savoir : Comment la ville Sorel-Tracy peut-elle soutenir une organisation dont la relation s’est malheureusement envenimée et que leur reconnaissance vis-à-vis la ville Sorel-Tracy leur semble totalement étrangère. Est-ce qu’elle préfère l’indifférence, la confrontation et l’entêtement ou plutôt vouloir conserver leur structure complètement indépendante ? La ville se doit de le savoir.
Si cela était ainsi, alors dans ces conditions il serait préférable de prendre ses distances temporairement et laisser tomber la poussière, il serait essentiel de le faire pour le bien et de la chambre de commerce et de la ville Sorel-Tracy.
Notre intention (ici je parle en mon nom personnel) n’est pas de s’assoir à cette table de la chambre de commerce si nous sentons que nous ne sommes pas les bienvenues, et qu’on y refuse tout changement, je ne crois pas non plus qu’il faille forcément s’imposer. Il pourrait y avoir des chaises vides, mais cela évitera les conflits les chicanes et un peu moins de sensationnalistes pour nos journalistes locaux et CJSO qui sont trop souvent gourmands des petites controverses.
Notre maire Serge Péloquin a pourtant bien expliqué la situation et nous avons unanimement lors de l’assemblée publique du 6 février dernier manifesté notre accord au propos du maire Péloquin (une réaction tout à fait légitime). On ne peut pas lui reprocher son franc parlé et ni son intérêt au développement économique de la ville Sorel-Tracy. (Le pessimisme se digère mal)
Je considère que cette situation va bien au-delà de l’égo de certains individus… et qu’il ne s’agit pas non plus d’une guerre de tranchée, mais de la défense de principes extrêmement importants.
Une précision que j’apporterai, lorsque le conseil municipal est en conseil administratif nous ne sommes pas en comité décisionnel, nous analysons et discutons les sujets en donnant nos points de vue et nos réflexions et nous cherchons ensemble le compromis, lorsqu’il a été trouvé, et partager unanimement, comme cela a été le cas, alors l’on se doit de le respecter et d’en être solidaire. Ce qui n’a pas été le cas. Nous ne sommes pas sortis sur la place publique afin d’expliquer notre position, alors chacun notre tour à s’exprimer.
Chacun des conseillers a droit à ses idées et ses opinions, tant qu’à moi le compromis proposé par le maire me convient très bien et représente le gros bon sens.
Dernièrement un membre de la Chambre de commerce a quitté l’organisme en évoquant comme raison principale une trop grande politisation de l’organisme… Pourtant leur mission est bien différente.
Cela est un dossier tellement délicat et important que je me dois de faire de la gymnastique avec les mots et surtout me garder une petite gêne afin d’éviter de générer des conflits personnels.
Ce qu’il faut maintenant, si les discussions s’avèrent fructueuses… Ce que je souhaite ardemment. Nous devrons prendre les moyens nécessaires pour reconstruire la confiance. Nous devrons franchir les étapes une à une pour le meilleur intérêt de tous les membres de la Chambres de commerce et de la ville Sorel-Tracy. Nous tendons la main une seconde fois !!!
Yvon Bibeau 20 février 2017.
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