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Serge Péloquin (2013-2021) : Le mythe du visionnaire (partie 2)

10 septembre 2021 | Par internautes

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À l’automne 2013, M. Serge Péloquin était élu maire de Sorel-Tracy sur la base d’un programme électoral intitulé : « Sorel-Tracy mérite des idées nouvelles et une économie forte pour avancer ». Lequel se déclinait en 6 orientations pour 31 engagements.

Cette lettre ouverte vise donc à répondre spécifiquement à la question : « Les engagements de 2013 ont-ils été tenus ? »

Notons que plusieurs de ces engagements sont des « lieux communs » difficilement évaluables (ex. : Développer pour les aînés une communauté plus solidaire). De plus, ce qui est en cause ici, ce n’est pas le nombre d’heures passées chaque semaine dans le rôle de maire de Sorel-Tracy, lequel peut être considérable, mais uniquement les résultats obtenus.

1. Économie forte et réinventée (6 engagements)

C’était la Grande promesse de 2013, mais l’économie de Sorel-Tracy n’a jamais été en aussi mauvaise posture et a même régressé. Au-delà du centre-ville qui a des allures de zone sinistrée (plus de 25 locaux vides), le jugement de l’Institut statistique du Québec est sans appel : nous sommes au seuil de la dévitalisation économique. Le tout est confirmé par son Indice de vitalité économique qui décline en s’accélérant depuis 2013.

Le nerf de la guerre, les investissements privés souffrent à Sorel-Tracy d’un important déficit chronique : 200 M$ (est.) en 5 ans contre 200 M$ par année à Saint-Hyacinthe ou Drummondville.

Contrairement aux villes de taille comparable, Sorel-Tracy ne s’appuie sur aucun plan de développement économique et commercial. À ce titre, le nouvel organisme Développement économique Pierre-De Saurel qui est né dans la douleur, n’est toujours pas opérationnel plus de 12 mois après sa création, victime de tiraillements politiques avec monsieur le maire sortant comme l’un des principaux membres de son conseil d’administration.

Des entreprises importantes comme GE (350 emplois) ou Alstom (90 emplois) ont quitté le navire pour s’installer ailleurs au Québec. Sauf pour la fromagerie BEL (140 emplois) dont la venue est exclusivement due à la famille Chalifoux, il y a peu de création d’emplois.

Prépandémie, la construction résidentielle était au point mort et l’évaluation municipale de nos maisons était en baisse. D’ailleurs, l’efficace programme de construction domiciliaire On construit a été abandonné en 2016 pour des raisons nébuleuses.

En matière de transport, vital pour notre développement économique, nous attendons depuis des années, le simple début de l’étude sur le prolongement de la 30 et sur la construction d’un pont entre Sorel-Tracy et Lanoraie.

Concernant les 20 à 40 emplois potentiels de QSL sur les terrains de l’ancienne centrale thermique et l’entreprise Charbonne (hydrogène), nous sommes toujours en attente du début des opérations.

2. Réduire la dette (5 engagements)

Au 31 décembre 2013, l’endettement total net à long terme de Sorel-Tracy s’élevait à 62 M$. Au début de 2021, il est de 58 M$. Outre ses variations naturelles, si on réalisait une étude de l’évolution de cette dette, en considérant l’inflation, la baisse des taux d’intérêt des dernières années, certaines entrées spéciales d’argent (ex. : droits de mutation de plusieurs M$ pour la nouvelle prison en 2016) et le 4 M$ annuel que nous versons sous l’item « Dette Sorel-Tracy » de nos comptes de taxes, nous pourrions conclure au mieux, que le niveau de notre endettement est stable.

De plus, il existe présentement un scénario vraisemblable où l’on pourrait se retrouver au minimum, avec 16,56 M$ (estimation prépandémie) de dette supplémentaire avec la nouvelle piscine intérieure (10,8 M$), le terrain de soccer synthétique (1,76 M$) et Statera (4 M$).

Après 8 ans, non seulement la dette n’a pas été réduite de façon significative, mais nos rues sont souvent dans un état pitoyable, sauf celles refaites récemment à des fins électoralistes.

3. Séduire pour développer (2 engagements)

La réputation et l’image de marque de Sorel-Tracy n’ont jamais été si mauvaises. Notre population est stagnante depuis des années à 35 000 habitants et vieillissante. Nous sommes toujours cités dans les médias nationaux comme l’une des villes les plus polluées au Québec. Infoman qui a fait de Serge Péloquin son maire préféré nous ridiculise régulièrement à la grandeur du Canada.

Le mode de relation de notre premier magistrat avec nos partenaires internes (ex. : maires de la MRC) et externes (ex. : l’investisseur Luc Poirier du projet de pont) est généralement chicanier et conflictuel ; le tout étant souvent étalé publiquement dans les médias.

Encore récemment, notre réputation a été entachée auprès d’une autre catégorie d’investisseurs, en l’occurrence dans le commerce de détail avec la saga du magasin « Maison en gros » du groupe montréalais Hart.

4. Créer un mieux-vivre collectif (10 engagements)

On voit mal dans les promesses de 2013, comment plus de solidarité a été développée. De quelle façon, il a encouragé la jeunesse « dans la prise de décision qui les concerne » ? Cependant, un « skatepark » a été construit dans le secteur Sorel et des jeux d’eau du côté Tracy. En culture, la promesse d’une plus grande transparence dans la gestion des « opérations culturelles subventionnées par la Ville » est un canular, Statera refusant toujours de publier ses États financiers.

En matière de logement, monsieur le maire sortant n’a-t-il pas récemment déclaré qu’il n’y avait pas de crise en ce sens à Sorel-Tracy, quand le Québec au complet est pris avec ce problème majeur. Certes, en matière de mobilité, des avancés ont été introduites, mais Sorel-Tracy est encore grandement, une ville de l’automobile. Pour ce qui est de son engagement à remettre l’Agenda 21 local à l’ordre du jour, c’est simplement de l’écoblanchiment.

5. Développer notre patrimoine naturel (5 engagements)

Monsieur le maire sortant est venu en politique municipale, principalement pour développer ÉcomondeStatera* comme assise à l’économie forte et réinventée de Sorel-Tracy.

Au terme d’un été pandémique 2021 où les Québécois(es) demeurent au Québec, Statera ne fera au mieux en termes de fréquentation, que 33 % (est.) de sa capacité d’accueil (un résultat non vérifiable). Ce qui fait qu’à la fin de la saison 2021, le déficit accumulé sera nettement supérieur à l’estimation de 4 M$. Un montant astronomique dans la perspective de la capacité de payer des citoyen(ne)s de SorelTracy ; l’équivalent de 396 M$ en termes du budget annuel 2021 de Montréal.

L’engagement de prolonger Regard-sur-le-Fleuve ne s’est pas réalisé. L’industrie nautique n’est manifestement pas une priorité de Sorel-Tracy, notamment aucune nouvelle place en marina n’a été ajoutée comme promis. Les berges du Richelieu sont toujours à l’abandon malgré leur extraordinaire potentiel économique.

6. Préparons notre 375e (3 engagements)

Est-ce que cela a été un succès ? Chacun jugera.

Le tout a commencé par la démission du président du conseil d’administration des Fêtes du 375e pour des raisons obscures. Certes, il y a eu des feux d’artifice, mais le grand legs de ce 375e , l’éclairage permanent du pont Turcotte est littéralement tombé dans le Richelieu, tellement l’idée était mal fignolée. De même, l’engagement « d’alliances stratégiques » avec Montréal qui fêtait aussi son 375e est resté lettre morte, à la suite du bref passage dans la région de son maire de l’époque, M. Denis Coderre.

Conclusion

La très grande majorité des 31 engagements du programme électoral 2013 de monsieur le maire sortant n’a pas été réalisée. Dans les faits, force est de constater que le « Serge Péloquin visionnaire » procédait d’une réputation largement surfaite.

Christian Albert, Sophie Chevalier, René Cournoyer, Jocelyn Daneau, Yvan Éthier, Claude Himbeault et Marcel Fafard

* Écomonde -Statera fera éventuellement l’objet de son analyse propre.

 

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