MUSIQUE :

La maison brûle. Tant pis ! – Yves Fortin

24 août 2021 | Par internautes

Alors que les partis prétendent lutter contre les changements climatiques, il importe d’évaluer leurs promesses en examinant les a priori de leurs choix passés et présents.

Tout, tout, tout ce que vous possédez, utilisez ou faites (logis, repas, moyens de transport-électrique ou pas- ordi, cellulaire, emploi, vacances, études), tout cela sans exception n’est possible que grâce aux machines qui sont à notre service, de véritables esclaves énergétiques. Des machines que l’on doit d’abord fabriquer et ensuite faire fonctionner… grâce à une quantité croissante d’énergie. Or, plus de 80% de l’énergie consommée sur cette planète est d’origine fossile non renouvelable, source de croissance unique du niveau de vie depuis plus de 150 ans…, mais également de pollution, de destruction du vivant et des gaz à effets de serre (GES), racines de la crise planétaire actuelle.

 
Depuis le rapport Brundtland, Notre avenir à tous (popularisant la notion de développement durable) rédigé en 1987 sous l’égide de l’ONU, cette croissance mythique que l’on veut infinie dans un monde fini que l’on mesure avec le PIB, n’a jamais été remise en question par aucun des différents sommets internationaux ni par nos gouvernements canadiens, québécois ou locaux.

 
Que penser de cette stratégie de poursuivre la croissance tout en luttant contre les changements climatiques alors que selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les émissions de CO2 sont en continuelle progression malgré la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques adoptée en 1992 et qu’une forte hausse des GES est attendue en 2021, et ce, malgré la progression de la production d’énergie solaire et éolienne. En fait, les énergies renouvelables ne se substituent pas aux fossiles, les économies d’énergie initialement prévues sont compensées suite à une augmentation de l’offre qui elle permet une augmentation de la consommation.

 
LUTTER RÉELLEMENT CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, C’EST OBLIGATOIREMENT PARLER DE DÉCROISSANCE.

 
Or, quel que soit le positionnement de nos politiciens sur l’échiquier et leurs prétentions pour réduire les GES, tous carburent avec des promesses (toujours plus, plus…) qui nécessitent de la croissance, base d’un avenir radieux, source de bonheur durable et de richesse pour financer supposément des moyens lilliputiens et totalement inefficaces de lutte aux GES. Pensons à la plantation de deux milliards d’arbres promis par Trudeau en 2019.

 
Prisonniers du mythe de la croissance, les politiciens font l’autruche, des promesses sans impacts réels, des déclarations qui donnent l’illusion de… s’attaquer au problème mais qui justifient la course à l’augmentation du PIB (relance) pour satisfaire notre soif de consommation, obtenir notre vote et maintenir ce système toxique dont les impacts sont de plus en plus visibles (180 000 incendies en août).

 
Est-ce à dire que le politique n’a aucun rôle alors que les élus arbitrent trop souvent les conflits et les choix d’intérêt collectif en fonction de ceux qui ont le plus de pouvoirs de nuisances face à leur réélection. Malgré cet état de fait désespérant et source de cynisme, on ne peut baisser les bras. Il faut exiger des candidat.e.s qu’ils fassent preuve de courage et qu’ils cessent de « ménager la chèvre et le chou » car comme le disait Jacques Chirac, président français, lors du Sommet de la Terre en 2002 :

 
« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».

Yves Fortin,
ex DG, CLD du Bas-Richelieu
ex coordonnateur du plan de développement durable (Agenda 21) de Sorel-Tracy

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